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ASA PNE

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Association pour le Suivi de l’Aménagement Paris Nord – Est


Fontaines de la porte de la Chapelle : la folle odyssée des mascarons de bronze

Publié par ASA PNE sur 12 Juillet 2021, 11:42am

Catégories : #Porte de La Chapelle, #Actualités

Le 28 juin au conseil d'arrondissement du 18e, en réponse à une nouvelle question orale de Christian Honoré, élu de l'opposition, l'adjoint à la voirie Antoine Dupont a répondu que les mascarons n'ont pas été "retrouvés" ! Après l'annonce en mai de la destruction des buffets de fontaines, après avoir expliqué laborieusement que les mascarons étaient stockés dans un local de la Mairie près du jardin d'Eole, il a fallu se rendre à l'évidence, les superbes mascarons de bronze avaient bel et bien disparu...

Face à la mobilisation citoyenne (riverains, conseil de quartier La Chapelle/Marx-Dormoy, ASA PNE et de deux élus du 18e) bien relayée par la presse écrite depuis plusieurs mois (Le Parisien, Le Monde, Le Figaro...), Emmanuel Grégoire, 1er adjoint à la Maire de Paris en charge de l'urbanisme, pressentant que cette histoire risquait de "tourner au vinaigre" pour l'exécutif parisien a, dans un courrier au député/conseiller de Paris du 18e Pierre-Yves Bournazel, indiqué que les mascarons avaient été vraisemblablement volés. Il poursuivait que "devant la gravité de ce fait supposé, la ville de Paris allait saisir la justice et déposer plainte...

Est-ce la peur du gendarme, est-ce le fait que l'affaire prenne une tournure judiciaire ? Toujours est-il qu'une personne s'est présentée le 8 juillet au commissariat du 18e pour remettre les fameux mascarons en têtes de faunes. Il appartient maintenant à l'enquête de police de déterminer dans quelles conditions les mascarons sont passés d'un entrepôt de la ville aux mains d'un ''acheteur'' privé et de remonter la chaine des responsabilités dans une affaire qui, vraisemblablement, s'apparente à du recel.

Mais ne boudons pas notre plaisir car c'est une bonne nouvelle d'avoir retrouver ces six pièces de bronze qui auront une nouvelle destinée... Avant cela, il va falloir les expertiser et les restaurer car, comme le montre le cliché de la Préfecture de police, les mascarons sont en mauvais état avec de nombreuses traces d'oxydation dans leurs parties inférieures. 

A présent, nous allons veiller aux conditions de leur restauration dans "les règles de l'art", demander que dans le cadre d'un concours, ils puissent réintégrer sous une forme à définir et à concerter leur lieu d'origine, c'est à dire la porte de la Chapelle qui va faire l'objet d'une importante transformation d'ici 2024 (voir nos articles sur #Porte de La Chapelle).

Enfin, nous attendons toujours de la part de la Mairie de Paris des réponses sur les procédures de conservation et de stockage du mobilier urbain à partir du moment où il est déposé, en particulier pour celui qui a un caractère patrimonial. C'est un bien collectif qui fait partie de l'histoire de Paris, de son évolution culturelle et artistique. La ville n'en est que le dépositaire au nom de leurs propriétaires que sont les parisiennes et parisiens.

A suivre, les derniers articles de presse et nos différentes rubriques sur l'histoire mouvementée de cette affaire.    

Photo : Préfecture de police de Paris

Photo : Préfecture de police de Paris

Destruction des fontaines de la porte de la Chapelle !    2/06/2021

En réponse à la question orale du conseiller municipal du 18e Christian Honoré sur le sort réservé aux fontaines de la porte de la Chapelle (Conseil d'arrondissement du 25 mai 2021), il a été officiellement répondu par l'adjoint à la voirie Antoine Dupont qu'elles avaient été "démolies" dans la foulée de leur enlèvement pour permettre les travaux liés au tram T3 et au comblement du souterrain. Mais qui a donné l'ordre de destruction de ces ouvrages patrimoniaux ? Quant aux mascarons de bronze, ils seraient stockés dans un local de la Direction de la Voirie de la Ville de Paris à proximité du jardin d'Eole (voir l'article Le Parisien du 26 mai). Vous aurez noté que cette information est au conditionnel et que les services de la Mairie sont pour le moment dans l'incapacité de confirmer si oui ou non les mascarons sont bel et bien conservés dans leurs réserves ! Comme nous l'indiquions dans notre article ci-dessous, cette affaire montre à quel point la gestion du mobilier urbain de la Ville de Paris interpelle ! L'affaire n'est pas finie et vous pouvez compter sur nous pour connaître un jour le destin heureux (mais nous en doutons de plus en plus !) ou funeste (ce qui est à craindre !) des fameux mascarons...    

A suivre, l'article Le Parisien du 26 mai

Mais que sont devenues les fontaines de la porte de la Chapelle ?  3.05.2021

"L'énigme des fontaines disparues", tel est le titre du dernier article que Le Figaro du 30 avril vient de consacrer aux deux buffets de fontaines art déco de la porte de la Chapelle. Ce papier vient après les articles du Parisien, du Monde et du reportage de BFM Paris (à retrouver ci-après) de début avril, abondamment relayés par les réseaux sociaux et par la presse étrangère canadienne et italienne. Il complète l'écho médiatique des demandes d'explications du conseil de quartier La Chapelle et d'ASA PNE auprès de la Mairie sur ce que sont devenues les fontaines démontées au début des années 2000 (donc bien avant 2014 !) pour préparer les travaux de comblement du souterrain de la porte en 2010 et l'arrivée de tram T3 fin 2012.

Des élus comme Pierre-Yves Bournazel, député et conseiller du 18e, se sont fendus d'une lettre à Emmanuel Grégoire, 1er adjoint à la Maire de Paris, pour lui rappeler que "ces deux fontaines appartiennent au patrimoine de l'arrondissement et de Paris" et lui demander "d'inscrire leur réinstallation dans le cadre de l'aménagement de la porte de la Chapelle''. C'est précisément à l'occasion des discussions autour du projet de transformation de la porte de la Chapelle à l'automne dernier que nous avons été les premiers avec le conseil de quartier a lancé l'idée dans notre contribution écrite "que soient réinstallés les deux buffets de fontainescomme l'avait promis aux riverains l'ancien Maire du 18e Daniel Vaillant.

Mémoire d'un mobilier urbain patrimonial

Construites en 1935 dans le style art déco de l'époque, ces buffets de fontaines se situaient de part et d'autre du carrefour constitué par le boulevard Ney et la rue de la Chapelle. Ils formaient un imposant mur de pierres blanches de style bahut orné de trois mascarons de bronze représentant des têtes de faunes d'où l'eau jaillissait pour se jeter dans un bassin. Au nom de la mémoire d'un mobilier urbain patrimonial, ces fontaines pourraient, entourées de végétation, retrouver leur place à leur endroit d'origine et assurer une fonction d'îlot de fraîcheur dont ce carrefour très minéral a bien besoin ! Il suffit de regarder les photos prises du temps des fontaines (en fin d'article) pour se rendre compte que la porte de la Chapelle était bien végétalisée jusqu'à leur démontage.    

La municipalité parisienne, que ce soit l'Hôtel de Ville ou la Mairie du 18e, est très embêtée par la tournure que prend cette affaire dans le contexte du mouvement #saccageParis. Nous avons interrogé fin janvier le service de la Conservation des œuvres d'art de la Ville de Paris : sans succès ! Puis à la réunion sur le bilan de la concertation de la porte de la Chapelle du 22 mars, nous avons interpellé Monsieur Emmanuel Grégoire qui ignorait leur existence et a promis de "tout faire pour savoir ce qu'il en est". Côté Mairie du 18e, on dit "faire des recherches" ! A ce jour, force est de constater que nos édiles sont dans l'incapacité de dire où sont passés les buffets de fontaines de 10 tonnes chacun ! Sont-ils stockés dans un hangar abandonné ou ont-ils été détruits, démantelés, vendus à la découpe ? Et que sont devenus les magnifiques mascarons de bronze ? Disparus eux aussi ? Des rumeurs circulent et semblent indiquer qu'ils seraient passés par les puces de Saint-Ouen et pas perdus pour tout le monde ! 

Une gestion du mobilier urbain qui interpelle !

Cette affaire interpelle sur la façon dont la Ville de Paris gère son mobilier urbain, en particulier le mobilier à caractère patrimonial. Il nous semble qu'une ville comme Paris doit avoir dans ce domaine une procédure claire et rigoureuse de stockage et de conservation du matériel. Celui-ci doit être référencé au sein de la direction concernée comme, par exemple, la Direction de la voirie et des déplacements ou la Direction des affaires culturelles...Il est courant que des éléments de mobilier urbain se retrouvent en salle des ventes comme l'atteste plusieurs sites. Nous pouvons le comprendre quand il s'agit d'éléments déclassés mais cela doit se faire en toute transparence. Il faut rappeler que pour les communes de plus de 2 000 habitants, seul le conseil municipal est compétent pour décider de la vente d'un mobilier urbain. Si tel est le cas, la vente ou la cession doivent faire l'objet d'une délibération motivée portant sur les conditions de forme et de fond de la vente. Alors pour en revenir à nos buffets de fontaines, il y a trois alternatives : sont-ils stockés quelque part dans leur intégrité, ont-ils été cédés dans les formes selon la procédure que nous venons de décrire ou ont-ils disparus de façon malveillante ? Nous ne lâcherons pas tant que la Mairie ne répondra pas en toute transparence et de façon circonstanciée sur ce que sont devenues les fontaines de la porte de la Chapelle !   

A suivre : les articles du Monde et du Parisien, la vidéo du reportage BFM Paris et la galerie de photos.

Les fontaines de la porte de la Chapelle : article le Parisien du 9.04.2021

Les fontaines de la porte de la Chapelle : article le Parisien du 9.04.2021

Reportage BFM Paris sur les fontaines de la porte de la Chapelle - 9 avril 2021

Porte de la Chapelle : buffet de fontaine avec ses mascarons et le carrefour au début des années 2000.Porte de la Chapelle : buffet de fontaine avec ses mascarons et le carrefour au début des années 2000.
Porte de la Chapelle : buffet de fontaine avec ses mascarons et le carrefour au début des années 2000.

Porte de la Chapelle : buffet de fontaine avec ses mascarons et le carrefour au début des années 2000.

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Daniel F. 25/07/2021 18:34

Pendant que certain font un feuilleton avec le sort de fontaines, dont la plupart des habitants se moquent complétement, on ne parle pas des vrais problèmes du quartier; en vrac : les toxicomanes abandonnés sans aucun soins par les pouvoirs publiques, les travaux du CDG Express qui semblent être la priorité du gouvernement au détriments de ceux autrement plus utile du RER etc…

ASA PNE 26/07/2021 10:08

Ah bon parce que le mobilier patrimonial de la Ville de Paris ce n'est pas important ? Heureusement qu'il existe des lanceurs d'alerte pour suivre ce qui appartient aux parisiens. La preuve, l'obstination de riverains, d'associations, des médias et de certains élus a permis de faire la lumière sur un vol en bande organisée au sein même des services de la ville. Et aucun rapport avec la situation des toxicomanes et dealers qui pourrissent la vie des riverains et le CDG Express qui, effectivement, va générer d'autres nuisances sur le secteur.

Gendraud Cécile 21/07/2021 12:59

Que dire des fontaines du Rond Point des Champs Elysées ?!!!
Là aussi, c'est une affaire de goût, mais j'ai de sérieux doutes sur le résultat du tout métal partout dans Paris...
Avant : http://paris-bise-art.blogspot.com/2018/01/les-fontaines-du-rond-point-des-champs.html
Après : https://www.paris.fr/pages/les-nouvelles-fontaines-des-champs-elysees-6563

romain 04/05/2021 19:28

J'adore votre blog, mais là pour le coup, vous faites du BFM. Si tous les journaux reprennent l'info c'est avant tout pour le plaisir de faire du Hidalgo bashing. C'est toujours vendeur. Ca fait du click.

La vérité c'est que si ce n'était ASA PNE qui n'avait relevé la perte de ces fontaines, tout le monde les aurait oublié. Pourquoi? Tout simplement parce que ces fontaines sont pour tout dire assez moches et d'un intérêt historique tout relatif. Une oeuvre moche en 1935 ne devient pas belle par magie en 2021. Tant mieux pour l'individu qui a mis la main dessus. Bien joué. Maintenant passons à autre chose. Il y a plus important pour ce quartier qui souffre, et vous faites par ailleurs un travail admirable sur le reste.

Je reste avec vous sur tout le reste, mais sur ce point, à mon sens, c'est quand même un non sujet. A moins que vous n'en fassiez un combat de principe. Ce qui est un peu vain également.

ASA PNE 05/05/2021 08:38

Merci pour les compliments. Pour ce qui concerne les fontaines, au-delà de l'intérêt ou du non intérêt que l'on peut y trouver, c'est une affaire de goût. Il n'en demeure pas moins qu'il s'agit d'un mobilier patrimonial (style art déco) pour lequel la Mairie s'était engagée à le réinstaller après les travaux du tram. Le plus important, c'est qu'au-delà des fontaines, la question de fond concerne la procédure des conditions de conservation et de stockage du mobilier urbain de la ville. Sur ce sujet, nous sommes en droit de nous interroger quand nous retrouvons des éléments de mobilier à caractère patrimonial en salle des ventes ! Bien à vous.

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